Marion de Ker présente la nouvelle n°10 :

 

 

Antéchrista

ou

Prénom : Sauveur

 

 

Il s’appelle Sauveur, et il me fait peur.

 

C’est un tyran domestique, un hooligan de l’habitat, un destructeur de l’intérieur, un fossoyeur de l’environnement : un j’en foutre.

 

Sa vie est un mensonge, perpétuel, sans relâche, sans répit. Ses paroles sont des sables mouvants dont la spirale vers le néant vous absorbe. C’est le vide, l’abîme, le puit sans fond.

Mais c’est aussi l’arrogance et la mauvaise foi ;

il ordonne et ne s’implique jamais,

il impose et crie ô Liberté,

il ignore et réclame la reconnaissance.

 

Il est l’exact contraire de ce qu’il dit

Il fait l’exact contraire de ce qu’il promet.

 

Il navigue à vue, contournant les responsabilités, les contraintes.

Ses “devoirs” se vivent au futur, c'est-à-dire jamais.

 

Mais alors que fait-il donc ?

 

Il “bousille Satisfaction” sur sa guitare, il fait du sport jusqu’à l’épuisement.

C’est un rocker toquard, un velléitaire de compétition, un virtuose de l’inefficacité.

Sa vision des autres : “des cerveaux de mites”

Sa devise : “Ca roule, ça roule ! Y a pas l’feu ! Rideau!”

 

Toute affaire, à lui liée, est l’assurance d’un calvaire éternel.

 

Avoir pitié ?

 

Oui au début, puis devant tant de fuite-en-avant et de non-considération des autres, c’est la colère.

 

Est-il malade ?

 

Oui d’une certaine façon, un trouble du comportement qui l’arrange bien et qu’il entretient à merveille.

 

Depuis longtemps mon destin est lié à ce resquilleur de pacotille et ce fils de famille à la graisse d’abat-jour, à ce parfait Antechrist.

 

 

         

 

Texte suivant

Tous nos textes

Texte précédent