Olivier, Isabelle, leurs enfants,
Laurent, Catherine, leurs enfants,
en vacances aux USA et de passage à
Las Vegas.
Fin de soirée, très tard, le petit
matin déjà, tous fatigués, enivrés de jeux et de néons, de bruits et de
lumières artificielles, tous sortent de leur dernier casino.
- La voiture est loin ?
- Oui, ... à l’autre bout de la
ville
- On prend un taxi ?
- Plus de monnaie, et toi ?
- Moi non plus, ... merde.
- Restés là, je vais chercher la
voiture. Perrine tu m’accompagne ?
- oh oui papa !
Ils étaient partis depuis 10 minutes
quand Isabelle, cherchant un kleenex, s’aperçut avec horreur que les clés
de la voiture étaient dans son sac.
- Zut ! ... c’est moi qui ai les
clés !
- Bon tant pis, pas le choix ; on y
va, Olivier va rebrousser chemin, on va se retrouver au milieu.
Dans un grognement général la
troupe se mit en marche.
***
20 minutes plus tard, arrivés à la
voiture, Olivier cherche machinalement les clés et se rend vite à
l’évidence. Pas de clés ! "Mais quel Crétin ! "
Plus qu’une chose à faire :
attendre !. Perrine (6 ans) tombe de fatigue.
Le père et la fille rejoignirent la
dernière galerie-de-jeux
et s’assirent piteusement par terre devant le hall d’un casino. Isabelle
passera inévitablement par là.
Les joueurs sortaient, par saccades,
plus ou moins excités, joyeux ou déconfits . Vint le tour de deux hommes, la
trentaine, allure cadre, parlant fort et riant à pleins poumons. Ils se
dirigeaient mollement vers la sortie. L’un d’eux tenait dans ses bras un
ours énorme, une peluche comme on n’en connaît pas en France, un animal
presque grandeur nature, énorme véritablement. A l’évidence il venait de
le gagner aux jeux et la "bête" semblait être la cause de leur
grande hilarité. En passant devant Olivier, et Perrine abandonnée dans ses
bras, l’homme-à-l’ours fut pris d’une pitié soudaine devant ces
"laissés pour compte", il se pencha vers la petit fille aux cheveux
de sable et tel Saint Vincent de Paul coupant sa cape, il lui mit l’ours
dans les bras. A vrai dire elle disparut entièrement sous l’animal. Perrine
sursauta et mi-consciente mi-endormie, serra, comme elle put, cet ours
gigantesque et retourna aussitôt dans les étoiles vivre des aventures
d’ours et de poupée.
Olivier médusé n’eut pas le temps
de protester, d’expliquer, ni même de remercier que déjà les deux joueurs
étaient à 10 mètres plus volubiles et heureux que jamais.
Plusieurs minutes plus
tard, un groupe de touristes composé d’une jeune femme blonde et d’un
groupe d’amis, passait devant un ours énorme cachant une petite fille
blonde endormie dans les bras d’un père amusé ...
Olivier héla Isabelle.
A Las Vegas, parfois, les étoiles
sortent des casinos tenant des ours dans leurs bras pour les donner aux
petites filles aux cheveux d’or.

Texte
suivant
Tous
nos textes
Texte
précédent
