François présente :
Révélations d'une gouvernante japonaise
Glorieux
lecteur français, puisse votre digne personne trouver quelque intérêt dans
les modestes propos du docteur Ikomori. Voici l'étrange rêve que me conta Mme
Fukabi durant sa cure psychanalytique :
« Un étranger barbu, maigre et presque nu parle sans discontinuer. Comme il
parle, les personnages et images naissent dans ma tête. Il raconte au passé
une histoire incompréhensible :
« Dans le bain de mercure, je regardais cette petite bulle de vie. Née
dans l'écume, notre vénusienne entamait sa première méiose. Elle était tout
également morte et à la peau ferme. Déjà troublés, nous avions pour ses roberts,
des noms propres à faire fondre les 70 pucelles d'Allah.
Celui-là rigolait dans sa barbe, heureux que pareil prodige ne lui ait jamais
traversé l'esprit. Christ et Bouddha concevant une extraterrestre in mercuro,
et puis quoi encore ? Mais quoi d'ailleurs ? Les messagers manquaient, les
terriens devenaient sans intérêt. Nous aspirions au nouveau (la mort fut-elle
au bout d'un référendum futur.) Le ridicule infini de la génétique
garantissait l'avenir de notre métaphysique des tubes.
Avec ses yeux déjà lucides de foetus de demain, elle nous regardait, Oh ! Créateurs
! Elle semblait comprendre.
« Nous t'incarnerons dans un monde de chair que tu devras enchanter. A toi qui
sait, les nourritures terrestres seront sans saveur. Oh Prophétesse extatique,
tu seras notre Moïse au poignet agité, notre épileptique divine, d'ores et déjà
ébahie : « stupeur et tremblements », de par ta connaissance divine »
40 cellules en avaient trop conscience et déjà son destin la révoltait.
« JE NE VEUX PAS être le porte-voix débile de vos espoirs moribonds ! Laissez
moi à la jouissance. Je veux être belle, lascive et conne. Faites autour de ma
vie un Péplum inique dans lequel je serai la stupide vestale ! Ou bien
j'incendierai le monde de pamphlets matérialistes. »
Et Bouddha dit :
« Voir n'est rien sans la connaissance. L'attentat ne touche que celui
qui s'y avilit »
J'ai pas compris. Mais j'ajoutais : « Parce que je suis le Verbe, je t'en donne
l'amour infini ».
Un peu plus tard, du ridicule de ses 1600 cellules, elle décidait de son futur
mutisme, premier acte d'une vie que nous avions voulue tout entière dédiée au
sabotage amoureux.
Car enfin comme dit Père, qui aime bien châtie bien. Me concevant sur le
chemin du retour de Sodome, il eut ces mots : « Donner la vie est l'hygiène
de l'assassin que je suis. » ?
Au delà des 666 666, elle devint intenable. « Oh avatars circulaires du Dieu néant,
puissiez-vous vous repentir un jour de m'avoir créée. Car je ne laisserai
point la forfaiture de l'Eveil inconnue et je vous poursuivrai de ma vindicte éternelle.
Vils adorateurs de la pure abstraction, j'endormirai sous de fausses paroles
tout espoir en vous ! »
En l'envoyant dans le sein de sa « mère », nous coupâmes court à ses catilinaires.
Et depuis avec Al et Bou on a rien regretté : Avec Amélie, on s'est trop marré.
»
Etrange non ? »
Non ?