Guilaine (Notre*Mascotte) présente la nouvelle n°12 :

 

 

 

Cosmétique de l'ennemi

ou

Le sushi mégalo

 

 

A Amélie, Joyeux Anniversaire !

Aux rencontres fantastiques que j'ai faites grâce à Elle, du fond du cœur, Merci

Et à Péplum, Une longue Vie

 

 

 

Je suis né un vendredi 13 ou pour aggraver mon cas par une nuit d'orage entre le jeudi 12 et le vendredi 13 treizembre 2013. Les Démons s'étaient-ils penchés sur moi ?! A peine avais-je poussé mon premier cri qu'un éclair magistral coupa l'électricité et plongea la maternité dans l'obscurité totale pour quelques heures, ce qui fait que dans la panique générale, personne ne regarda sa montre et j'ignore toujours si je suis du 12 ou du 13. Mon côté mystique penche pour le 13, ce qui pourrait expliquer la destinée spectaculaire que j'allais vivre. J'ai longtemps douté de tout, je ne doute plus et ce pour l'Eternité.

 

Mon enfance fut atypique au possible : j'étais un enfant qui ne savait pas embrasser. Je ne me ressentais fils de personne, Dieu ou Diable, mais en tous cas étranger. Dès que ma mère se penchait sur mon berceau esquissant un geste étudié de tendresse, je braillais. Je rugissais car j'étais écorché. Ecorché car j'avais faim, faim d'Amour, une faim décuplée par l'iceberg de l'atmosphère familiale qui m'entourait. Un micro témoignage affectif ne me faisait pas même sourire, c'était au Grandiose que j'aspirais ; à la Communion des cœurs, à la Fusion parfaite des âmes, à la Noyade dans le Sublime des Sentiments, à l'Absolu de la Beauté des caresses, à des Vertiges déconcertants de Sensations. Les habitudes conventionnelles des embrassades des Grands m'écoeuraient plus que tout, car rien n'est pire que la mauvaise simulation. On sait depuis "Métaphysique des tubes" qu'"ensuite, il ne se passe plus rien". C'est on ne peut plus vrai concernant la période de ma Vie d'appartenance au genre humain. J'ai cessé d'en être.

 

***

 

Mon Culte des Extrêmes m'a longtemps tétanisé, aujourd'hui, je suis prompt à l'accepter. Parce que l'Infini m'appartient désormais. J'ai récemment quitté ma vulgaire enveloppe charnelle et uni à ma moitié je suis fier de constituer avec Elle un Sushi Cosmique, moi dans le rôle du poisson cru, elle dans le rôle de la boulette de riz vinaigré. Rien n'est aussi bouleversant que la fusion, l'amalgame de deux âmes scotchées pour toujours. J'ignore si ma folie aurait été assez furieuse pour désirer cette stupéfiante métamorphose. Je ne l'ai jamais choisie même si elle m'a propulsé au Firmament de mes Rêves. Je suis à présent le Maître d'une Sorcière. Cela me sied à ravir, car on n'éprouve aucune difficulté à dominer une Fée. Il n'y a que de la honte à retirer de la soumission d'une gazelle à ses quatre volontés, et c'est le triste schéma de la plupart des couples de tous les temps.

 

Moi, j'ai réussi à dompter une hyène. Monstria, puisqu'il me faut vous la présenter était la plus cruelle des mégères de la Planète. Grâce à ma prouesse de renversement des positions, elle expérimente à présent mes propres supplices. Être méchant envers les Méchants est une philosophie de Justice. Il me plaît de faire payer à ma Démone tous les feux dont Elle a brûlé ses amants précédents. Pourtant, je crois l'aimer. J'en suis parvenu à cette conclusion lorsque je me suis rendu compte à quel point Elle m'était essentielle. Elle m'est indispensable dans notre incarnation sushique commune actuelle, après l'avoir été en tant que femme, Ennemie. Car l'Ennemi construit, a ceci de nécessaire qu'il nous apprend à fouiller tous nos instincts les plus profondément enfouis. Or, on n'est fort que face à ce que l'on maîtrise parfaitement. En l'occurrence, l'Ennemi extérieur est un bienfait, un allié de poids pour combattre l'Ennemi intérieur qui réside en chacun de nous et nous ronge sournoisement si on ne le réduit pas à notre propre esclavage, la Dictature de la Vie et de la propension au Bonheur qui justifie l'Existence.

 

***

 

                Je vais vous livrer à présent notre "histoire", celle qui nous a fait, Monstria et moi, devenir un Sushi Cosmique. Tout ceci vous semblera si incroyable que vous n'y croirez que lorsqu'un jour vous croiserez notre vol. Parce qu'en tant qu'immortel, le Sushi dont je forme la moitié indissociable, vole et virevolte à la vitesse des plus rapides navettes spatiales d'une Galaxie à l'Autre. Cette faculté prodigieuse nous permet de côtoyer des Mondes immensément différents et par là-même de n'être jamais lassés de notre Eternité. La diversité des espèces que nous découvrons dans chaque planète nous édifie, nous donne davantage que l'impression de nous élever, nous Enseigne. Rien n'est plus palpitant qu'une existence plurielle. Rien n'est aussi enrichissant que l'appréhension de cultures aussi étrangères que celle des Martiens dont la Religion est fondée sur le Chocolat Vert, celle des Bernardin dont la potion magique est une soupe au chocolat et celle des Prétextatiens qui vouent un culte exclusif aux caramels mous. Mine de rien, les plaisirs gustatifs ne sont pas innocents à la formation de la personnalité : Le chocolat vert rend fier et hilare, la soupe au chocolat éveille toute "Chose" à l'hédonisme tandis que les caramels mous prédisposent au crime… Je vous épargne ici toute mon étude sur le sujet !

 

                Adolescent, je voulais du Strass, des Paillettes, la Célébrité… Être enfin reconnu, aimé, idolâtré pour compenser les carences affectives de mon enfance. L'amour de tous, je désirais. Le Monde serait à mes pieds ou je le quitterais ! Comment aurais-je pu ne pas songer aux sphères artistiques ? Le Spectacle deviendrait mien et je me ferais lui. Grâce à ce tremplin de choix, je ne pourrais qu'être adulé, "seulement" ce vers quoi je tendais. De castings en castings, je finis par être remarqué par Jean-Pierre Jeunet, réalisateur en vogue depuis le phénoménal succès du "Fabuleux Destin d'Amélie Poulain" du début du siècle. Malgré le fait qu'accepter le rôle qu'il me proposait dans son "Blanche-Neige" entravait le bon déroulement de mes études, je plaquais ces dernières et acceptais le tournant que ma Vie allait prendre en un quart de seconde. Je n'envisageais de toutes façons pas d'exercer une profession dite "normale" qui m'aurait assuré un simple confort financier : je préférais la paix avec mon âme, la réconciliation avec mon Ennemi intime.

 

***

 

                Le célèbre conte de Walt Disney revisité par la fantaisie de Jeunet était assez méconnaissable. En dehors du fait que les nains demeuraient au nombre de sept, il ne restait plus grand chose du chef d'œuvre original. Seul avait finalement survécu le manichéisme extrême des histoires pour enfants, et je me retrouvais Prince Charmant entre l'immensément gentille et belle Blanche-Neige et son effroyablement méchante et hideuse Sorcière de belle-mère. Et c'est ainsi que je fis la connaissance simultanée de la douce Aurore aux doigts de rose et de la violente Monstria au cœur d'acier. Ces deux actrices campaient leurs personnages dans la Vie avec une perfection identique que dans le film. Aurore était perçue par tous comme la jeune femme la plus tendre et adorable qu'il soit tandis que Monstria était socialement handicapée par sa réputation de Harpie. Il était hallucinant de constater à quel point tout concordait dans une clarté absolue : rôles, prénoms, physiques, images, réputations : la Blanche et la Noire, la Pure et l'Impure, la Déesse et la Diablesse.

 

                En dépit de sa plastique admirable, l'éblouissante Aurore demeurait désespérément seule. Sa Beauté effrayait les hommes. Ils ne voulaient pas croire en une pareille splendeur intérieure chez Elle, jugeant que trop de qualités se seraient trouvées réunies en sa personne. Beaucoup la soupçonnaient également d'être une mangeuse d'homme, dévoreuse d'amants, cannibale de prétendants, tueuse d'espoirs amoureux. La rumeur a ceci de constant, c'est qu'elle dure et prend de l'intensité en durant. S'insérant dans notre esprit d'abord, elle finit par envahir l'ensemble de nos viscères pour enfin éclater en chacun de nous, réveiller nos bas instincts et faire jubiler nos animalités refoulées sur le spectre de la Nuisance. Toute énormité en effet s'affirme toujours avec d'autant plus de hargne qu'elle est destructrice. La calomnie est aussi aisée à produire que délectable à répandre pour nos côtés pervers. C'est tristement là l'un des maudits penchants de notre espèce, vouloir démolir les mythes parce qu'ils sont supposés être erronés dans leur excessive joliesse. Nombreux étaient ainsi les stars et les fans qui véhiculaient des rumeurs sur l'inconstance affective et l'extraordinaire infidélité d'Aurore. Tous avaient définitivement peur d'Elle, aveuglés par le Miracle qu'Elle incarnait à leurs yeux. Et personne, moi le premier, n'avait la bravoure d'oser accepter la véracité de ce Bel Ange dont la flamboyante silhouette ondulait quotidiennement sous nos regards comme dans nos rêves nocturnes. Intimement convaincu qu'Aurore devait dissimuler autant de vices qu'elle avait de charmes esthétiques, j'appartenais à tous ceux qui, nous eusse-t-elle demandé en mariage, auraient catégoriquement refusé. La Grâce a ceci de dérangeant qu'elle occulte notre capacité de discernement, mettant en évidence notre propre médiocrité, exacerbant notre humaine culpabilité.

 

***

 

Lorsqu' Aurore me fit donc de délicates avances sur le plateau du tournage, je la repoussai froidement. Je refusais obstinément cette chance inespérée qui s'offrait à moi. Je n'avais certes pas un passé ignoble, mais en aucun cas je n'avais été assez Héroïque pour mériter cette Fée. Pour moi, il ne pouvait y avoir erreur dans mon destin à un tel point : en l'occurrence, la plus perfide des créatures de l'Univers était probablement camouflée sous les traits paradisiaques d'Aurore…Aurore qui voulait de moi avec une très et trop grande facilité ! Mon inclination tordue pour les défis et mon vieux penchant pour la provocation me poussèrent carrément à courtiser celle qui était l'antonyme exact d'Aurore. "Fuir le Bonheur de peur qu'il ne se sauve", écrivait Gainsbourg… Je l'avais entendu… Vilaine Marâtre à l'écran, Sorcière dans la Vie, avec Monstria, j'étais bien servi ! Enfin, j'allais pouvoir me distinguer ! Au-delà de la notoriété que m'apporterait mon premier rôle, je serai admiré pour ma grandeur d'âme qui me ferait devant la face du Globe préférer la Gueuse à la Sirène ! Aisément repéré et médiatisé, ma carrière prendrait un élan ahurissant dans sa vitesse et sa dimension ! Mais, dommage pour moi, pauvre Rastignac encore relativement innocent débarqué en ce milieu, d'autres de mes partenaires masculins nourrissaient déjà le secret espoir de convoler un jour avec Monstria, persuadés qu'aucune opportunité ne leur garantirait davantage la Une de "Voirie" et de "Pourri-Moche". Ce qui fait qu'étrangement, Monstria fut l'actrice la plus convoitée de tous les continents. Elle en tirait une immense fierté tandis que se développait en Elle une affection démesurée pour la Cruauté. Monstria ne cessait de ridiculiser ceux qui défilaient entre ses bras devant les journalistes comme dans l'intimité de leurs foyers. Elle y prenait un malin plaisir car Elle était consciente de sa fonction incontournable de catapulte des comédiens vers les sphères du Show Business. Les journaux hissaient toujours sur leurs couvertures les nouvelles photos détonantes de l'Affreuse et de son Chevalier servant du moment, ce qui rendait effectivement ceux-la universellement connus en deux ou trois magazines. Bizarrement, sitôt la rupture consommée, personne n'entendait plus jamais évoquer les ex de la Dame. Cet aspect m'intriguait au plus haut point mais je m'enfonçais malgré tout dans ma tentative de séduction, convaincu que l'Oubli, c'était bon pour les autres. Monstria me fit énormément souffrir, me joua de très sales tours, m'humiliant devant cinéastes et reporters. Elle exultait de gloire de me voir à genoux devant Elle.

 

                Un jour, je crus avoir réussi dans mon entreprise de flatterie, lorsque Monstria m'invita à dîner chez Elle. C'était aussi inattendu que fabuleux. Des photographes rapidement ameutés à sa porte me flashèrent et je me réjouissais à la perspective des nombreuses photos qui seraient publiées dans la presse de la semaine. Peut-être m'amuserais-je même à intenter quelques procès à des paparazzis pour amplifier le scandale et faire parler encore davantage de ma liaison avec l'Horreur ambulante. C'était simplement formidable ! Arrivant chez mon Ennemie chérie, des roses rouges à la main, je sonnai et entrai. Je fus extrêmement surpris de découvrir l'appartement de Monstria. Il était quasiment transformé en piscine couverte, recouvert entièrement par 30 cl d'eau et traversé de quelques "ponts" permettant de se déplacer d'une pièce à l'autre. Dans le bassin, se faufilaient aux pieds de la Laide, des dizaines de gros poissons furieux. Ce goût visiblement prononcé de ma délicieuse Atrocité sur pattes pour l'aquariophilie éveilla curieusement en moi de tendres sentiments : Monstria était donc capable d'attachement, et je trouvai cela émouvant, fusse cette affection portée à des poissons. Peut-être au fond, n'était-Elle pas aussi mauvaise fille qu'on le prétendait. Peut-être même que diamétralement opposée à la Princesse Aurore, résidait sous les traits disgracieux au possible de ma dulcinée quelque Beauté intérieure. Car être sensible à la détresse animale, c'est avant tout la preuve que l'on est doté d'un cœur à même d'éprouver de la compassion pour toute forme de souffrance, de Vie. Les poissons s'ébattaient donc autour de nous, alors qu'assis sur l'îlot-canapé, je demandai enfin sa main à Monstria. Je fis une déclaration bouleversante de sincérité car les charmes piscicoles cachés de mon aimée la sublimaient à mes yeux. Comme Elle avait déjà dit "Oui" à 7 acteurs avant moi - et autant de fois divorcé - je ne fus pas surpris qu'Elle acceptât de m'épouser. Je n'en étais pas moins comblé… Un grand mariage, c'était le moyen idéal d'appâter les journalistes !

 

***

 

                Lorsque j'annonçai à Aurore le lendemain mes Noces avec mon ancienne Ennemie, Elle pleura chaudement de larmes qui concordaient avec son apparence angélique. Elle était plus que perturbée par mon union à notre partenaire, c'en était même suspect, car enfin il ne s'était jamais rien passé entre nous. Aurore me confia alors que si elle employait toutes ses forces pour me dissuader de ce mariage, c'était essentiellement par véritable Amour pour moi. Elle affirmait que Monstria était douée de pouvoirs démoniaques qui lui permettaient de transformer ses maris successifs en sardines, thons, saumons, merlus et autres maquereaux. "A d'autres !" pensais-je, tout en revoyant dans ma tête les nombreux poissons si curieux de ma Promise. Je soupçonnais Aurore de monter cette légende abracadabrante sur les hommes de Monstria par pure jalousie et frustration. Elle était décidément fort vicieuse, Blanche-Neige ! Mon mariage fut donc annoncé rapidement sur toutes les chaînes de télévision et j'entrai dans une période de folle extase : Une épouse remarquable - au sens premier du terme "qui se remarque" - et surtout la notoriété et l'assurance de mon immortalité par les écrits et films de paparazzis, le couronnement de mon existence entière approchait : c'était divin !

 

                C'est à Las Vegas que notre cérémonie nuptiale fut célébrée. Brillance, Fric, Fanfreluches, Paillettes, rien ne manquait. L'équipe de "Blanche-Neige" au grand complet nous avait suivis outre-Atlantique. La planète entière paraissait s'être déplacée pour nous. La Belle Aurore allait assister à cette union qui l'affectait tellement, dans la pire des situations, celle de mon témoin. Sa bonté infinie n'avait pas su me refuser cette ultime faveur tellement obscène, envers Elle qui clamait de son regard embué de larmes son Amour pour moi. Rien n'est en effet plus parlant qu'un regard. L'Etoile Aurore voulut me sauver une dernière fois dans la Chapelle-même, me répétant que dès que j'aurais dit "Oui" à Monstria, celle-ci me changerait en poisson et que mon avenir se déroulerait en compagnie de mes prédécesseurs, à nager sous les pieds de la Terreur magicienne dans l'appartement-aquarium… Tentative vaine puisque j'étais fermement décidé à épouser Monstria… Je répondis donc "Oui" au Révérend Père et c'est alors que se produisit l'Extraordinaire…

 

***

 

                Au moment précis où sortit de ma bouche un "Oui" assurément confiant en sa volonté, des étincelles enflammèrent la mythique allée conjugale de la Chapelle et, alors que la foule ameutée s'empressait de fuir l'incendie embryonnaire, le Tonnerre gronda… Impressionnant spectacle que celui-ci car les étincelles sortaient tout droit des yeux de Monstria, et le vacarme assourdissant du Tonnerre de son thorax… En un quart de seconde, les flammes m'atteignirent et me métamorphosèrent en Poisson. Le plan machiavélique de Monstria aurait fonctionné à merveille, faisant de moi, son esclave à perpétuité si la Fée Aurore n'avait possédé de pouvoirs aussi forts pour venir à mon secours. De celle-ci en effet, émanait la Puissance du Bien qui allait aussi donner naissance à une Explosion. Dans la lumière la plus Belle qu'il soit possible d'imaginer, issue de sa poitrine, et couronnée d'une auréole qui lui convenait à ravir, l'Ange émit des rayons d'une intensité comparable à ceux du Mal de Monstria. Ces Feux touchèrent ma Sorcière et le choc de la confrontation entre ces deux Forces de sources aussi opposées fut si violent et brutal qu'il changea Monstria en grains de riz, lesquels s'amalgamèrent autour de la tranche de poisson que j'étais devenu. Voilà comment s'est constitué "notre" Sushi Cosmique. Je prétends être le Maître du couple insolite que nous formons car au cours de ses vols interplanétaires, le Sushi est toujours dirigé par sa moitié Poisson. La boulette de riz agglutiné lui étant collée n'a d'autre choix que de le suivre. Pareillement, un Sushi se nourrit de wasabi et de gingembre et s'abreuve de sauce au soja. Or, c'est encore une fois la partie "Poisson" de la Bouchée qui profite en solitaire de ces plaisirs sensoriels. Le riz est d'une passivité absolue, ce qui ne signifie pas qu'il ne vit pas. Qui pourrait prétendre qu'un grain de riz ne grandit pas, n'évolue point ? Et s'il peut être prouvé que le riz change, comment avoir la certitude qu'il se satisfait de sa condition effacée, qu'il n'en pâtit pas ?

J'ai tant haï Monstria à l'instant où j'ai abandonné par Elle mon corps d'homme que je me suis intimement convaincu qu'Elle était - même réduite à l'état de céréale - capable d'expérimenter soumission et souffrance!

 

                Notre Sushi erre dans les espaces spatio-temporels depuis quelques décennies à présent, bientôt quelques siècles ? Je n'en sais rien. L'Osmose que je partage avec Monstria - aussi déchirée soit-elle - suffit à nous prévenir de l'ennui, première cause de la mortalité de l'âme. La leçon que je pourrais tirer de mon aventure si immorale, c'est que parfois il faut oser avoir Foi en la Beauté, en la Bienveillance, Croire en sa Chance…parce qu'Aurore-Blanche-Neige est l'exemple vivant de son existence. Les maquillages l'ayant transformée en Princesse pour les Plateaux de Cinéma ne faisaient que porter sa Splendeur à son paroxysme.  Monstria n'avait nulle nécessité cosmétique pour être enlaidie. Parce que tout son Être était à lui seul cette horrible Cosmétique. De Cosmétique, ma Sorcière s'est faite Cosmique, foudroyée par la réelle Pureté d'Aurore, pulvérisée en grains de riz, ceux lancés aussi à notre mariage, ceux de notre Sushi Cosmique, "mon" Sushi Cosmique…

 

 

 

       

 

 

 

 

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