*Celeborn présente la nouvelle n°7 :

 

 

 

Cosmétique de l'ennemi

ou

La plume de corbeau

 

 

 

On devrait toujours se méfier des contes de fée. Ils n'ont pas l'air, comme ça, mais ils sont ce qui se rapproche le plus de la réalité. Parfois même ils se confondent avec elle. Alors le conte devient drame.


J'ai toujours été la meilleure. J'étais donc la meilleure vendeuse de l'entreprise M.A.G.E.S.. Peu importait ce que l'on me demandait de vendre ; je le vendais. A moi donc la considération craintive de mes supérieurs, l'admiration effrayée de mes subalternes et les félicitations hypocrites de mes collègues vendeurs. Mais je me fichais pas mal de ces fanfreluches sentimentales : seul importait mon succès. Je le buvais comme une liqueur vénéneuse, m'en nimbait comme d'un parfum capiteux. C'est alors qu'arriva Vladimir.


On pourrait dire de Vladimir qu'il était original, ce qui n'est pas faux ; ou qu'il n'était pas comme les autres, ce qui est presque vrai. Mais le mot qui convient serait plutôt : "envoûtant". Un vampire s'accouplant avec une magicienne n'eût pas donné d'autre descendance. Je n'ai cependant jamais cru que ce trait de caractère fut naturel. Tout le mérite en revenait à mon sens à la cosmétique de ce Mandrake fardé.


Un visage de farine, une chevelure d'aile de corbeau, des yeux d'encre turquoise, des lèvres de sang : le portrait de Vladimir. Je n'osais imaginer la fortune qu'il devait dépenser en cosmétiques - rouge à lèvres, fond de teint et autres produits pour colorer les cheveux. Les yeux, j'en attribuais la teinte et l'étrange forme de l'iris à des lentilles fantaisies savamment choisies. Il faut l'avouer : la cosmétique de mon seul véritable ennemi me fascinait.


Elle ne devait pas fasciner que moi, à en juger par les résultats fulgurants de ses premières semaines chez M.A.G.E.S. : pour la première fois au cours de ma carrière, j'avais un rival à la hauteur. J'allais donc enfin pouvoir m'amuser.

 

Tout combat possède ses préliminaires : le mien ne faisait pas exception à cette règle intangible. Il me fallut tout d'abord observer mon adversaire, scruter les moindres de ses gestes, analyser chacune de ses paroles. J'y prenais un plaisir à peine dissimulé. Mais à ma jouissance se mêlait une pointe - oh ! à peine ! - de frustration : mon rival ne faisait aucune attention à moi. Je crus tout d'abord qu'il m'ignorait volontairement, par goût du jeu et du défi, ce qui eût été stratégiquement la meilleure défense possible ; mais je dus me rendre trop vite à l'évidence : son comportement n'avait rien de prémédité. Je formulai un matin cette pensée quasi insoutenable en mon cerveau un peu déçu : pour Vladimir, je n'existais pas.


Encore aujourd'hui, j'avoue ne pas comprendre. Vladimir était la galanterie et la politesse même ; il saluait absolument toutes les personnes qui croisaient son chemin, et toujours leur souriait aimablement. Alors d'où venait cette infranchissable barrière qu'il dressait entre lui et moi ? Invisible, j'eusse été traité par lui exactement de la même façon. Je pouvais lui dire bonjour ; il ne répondait pas. L'interpeller ; il ne m'entendait pas. Le taquiner ; il restait impassible. Et il ne le faisait même pas exprès, j'en suis sûre encore maintenant. Il y a comme ça des personnes qui ne parviennent pas à s'accrocher à vous : leurs paroles glissent sur votre corps, leur voix s'éteint dès qu'elles s'approchent de vous. Vladimir n'offrait ainsi pour moi aucune prise. Je me sentais jour à jour plus désincarnée, plus fantomatique. Croisant un miroir, je n'aurais pas été surprise de ne pas m'y refléter. Près de Vladimir, je doutais presque avoir un corps. Etrange sensation, vraiment. Quand je pense qu'avant lui, personne ne mangeait avec plus de volupté que moi, personne n'éprouvait plus de plaisir à se regarder dans la glace... Ethérée. J'étais de plus en plus éthérée. Et plus je devenais éthérée, plus je le voyais cosmétique.

 

J'élaborais des stratagèmes à la Amélie Poulain. Je l'attendais au coin du couloir, et me jetais presque contre lui. Je notais les heures auxquelles il allait habituellement chercher un café et m'installais devant la machine à l'attendre. Je n'en étais pas encore à squatter les photomatons, mais il m'arrivait parfois de passer un coup de fil anonyme pour entendre cette voix qui autrement m'était refusée. Vous ne pouvez même pas imaginer tout ce dont j'étais capable pour me faire remarquer. Malgré cela, Vladimir restait de marbre, lisse et dur comme la pierre. Pas même un regard complice quand je le bousculais en m'excusant platement ; pas un signe de tête devant la machine qui vomissait son café infect dans un gobelet aseptisé ; pas un mot au téléphone. Il commençait à sérieusement m'énerver, avec ses grands airs. Pire que tout, je devenais de moins en moins efficace. Mes chiffres de vente s'effritèrent, puis dégringolèrent vers des abysses inexplorés. Hypnotisée par Vladimir, j'en oubliais jusqu'à mon travail.

 

Mon patron s'aperçut de cet état de fait et convoqua tous les vendeurs. Je garde de cette réunion un souvenir si noir et effrayant que je n'ose vous la décrire. Sachez simplement que ce fut horrible, que je me suis senti traitée comme du poisson pourri, que j'ai pleuré, et qu'évidemment personne ne m'a réconfortée. Quand la première de la classe a une mauvaise note, les autres élèves sont tout joyeux, vous le savez bien. Mais curieusement, là où le charme, la tactique et l'audace n'avaient pas fonctionné, les larmes eurent un effet inattendu. Je crois que pour la première fois depuis un mois, Vladimir me vit. Il ne me dit rien, certes, mais je lus dans ses yeux un profond sentiment de pitié. Cela me le rendait encore plus haïssable : s'il est un sentiment que je déteste inspirer, c'est bien la pitié !

 

Mon orgueil en prit donc un coup ; toutefois, j'existais enfin dans l'esprit de Vladimir ; je n'étais plus la femme invisible. Bien décidée à le séduire, je décidai de combattre le feu par le feu. Ma cosmétique allait égaler la sienne.

 

Des vêtements élégants et un rien dérangeants, une bouche indécente et pulpeuse, des cils interminables, une peau de pêche, douce et veloutée, une nouvelle couleur de cheveux flamboyante : Mylène Farmer faisant une publicité pour Gemey eût paru pâle et insignifiante à mes côtés. Je rayonnais de maquillage. Tous mes collègues restaient bouche bée à mon passage. Tous, sauf Vladimir. Evidemment...

 

Je commençais à désespérer quand la solution vint à moi sous la forme d'un message griffonné sur un post-it : "19h, devant l'entrée". Délicieux mystère du laconisme : qui l'avait écrit ? Pourquoi n'avait-il (ou elle) pas signé ? Je hais ce que je ne peux m'expliquer ; je haïssais donc ce message qui me laissait dans l'insondable désert de l'inconnu. Toutefois il y avait un indice : l'écriture. Une écriture d'homme à coup sûr. Aucune femme n'écrirait aussi mal, j'en suis persuadée. Je pris donc mon mâle en patience et attendis sagement l'heure du dénouement.

 

Ce fut un véritable deus ex machina, de ceux qui n'existent que dans les mauvais romans. Un de mes insignifiants collègues de travail me guettait, l'air visiblement satisfait.

- Vous êtes un peu en retard, ma chère.

- Sachez que je suis effroyablement ponctuelle. Vous devez donc en conclure que vous étiez en avance..."

- Peu importent ces passionnants détails horaires. J'ai à vous parler d'un sujet qui vous intéressera bien plus.

- Ah oui ? Et lequel ?

- Vladimir.

Je restai bêtement la bouche ouverte sous l'effet de la surprise.

- Je vois que je ne m'étais pas trompé. Il ne semble pas vous être indifférent...

- Qu'en savez-vous ?

Il explosa de rire. Je n'aimais pas du tout cette situation ; je me sentais en position d'infériorité. J'ai toujours détesté cela.

- Très chère, reprit-il sur un ton désagréablement narquois, comment serait-il possible de ne pas remarquer les pathétiques stratagèmes que vous employez à longueur de journée pour tenter vainement de le séduire ? Vous êtes aussi peu délicate dans vos méthodes que peu discrète dans vos tentatives.

Sourire moqueur. Je le haïssais. Que devais-je faire ? Allais-je essayer l'étonnement ? Ridicule. Mes agissements avaient effectivement été bien trop visibles, et mes motivations affreusement transparentes. Je tentai la franchise, même si ça a toujours été l'arme des lâches. Je n'en avais pas d'autre pour le moment.

- Effectivement. Mais il y en a un qui, je crois, n'a rien vu.

- Bien entendu, Vladimir... Il doit feindre, car nul homme n'est assez stupide pour ne pouvoir comprendre vos manœuvres. Elles sont d'une vulgarité...

- Vous m'avez donné rendez-vous pour m'insulter ?

- Un peu, oui. Cela m'amuse follement.

- Moi, pas.

- Quel dommage ! Vous devriez pratiquer l'autodérision, c'est salutaire dans les cas comme le vôtre.

- Je suppose que vous allez avoir l'amabilité de m'expliquer la nature de mon "cas".

- Vous supposez bien.

- Alors, allez-y, expliquez.

- Vous êtes une femme bouffie d'orgueil et de vanité, et dotée d'un impressionnant complexe de supériorité. Vous adorez écraser les autres, et ce de façon à leur faire le plus mal possible. Osez prétendre le contraire.

- Je n'oserais pas. Je revendique même tous les traits dont vous venez de parler. Je suis fière d'être une personne qui exige le meilleur et vomit la médiocrité.

- Je m'en doutais... Impossible de vous changer. Tant mieux d'ailleurs.

- Tant mieux ?

- Oui, tant mieux.

- Discernerais-je un compliment dans ce "tant mieux" ?

- Vous discernez à merveille, très chère ! Quel talent !!

- Arrêtez la moquerie, je vous prie. L'ironie la plus courte est la meilleure.

- Vous avez malheureusement raison.

- N'étiez-vous pas censé me parler de Vladimir ?

- C'est vrai. J'ai besoin de vous. Pour le séduire.

- De moi ? Je crois pourtant que vous êtes autant au courant que moi de l'insuccès qui frappe tous mes essais pour le charmer.

- Certes. Mais rassurez-vous, je vais vous aider à pallier ce manque patent de séduction.

- Trop aimable à vous.

- Tenez, ceci devrait vous suffire.

Il me tendit un flacon de parfum, ou plutôt devrait-je dire une fiole biscornue. Le liquide à l'intérieur scintillait étrangement.

- Très kitsch ! C'est ça, votre arme secrète ?

- Précisément ! Avec ce parfum, vous deviendrez irrésistible pour Vladimir.

- A d'autres ! Qu'y a-t-il, là dedans ? Des phéromones ?

- Que vous êtes triviale ! C'est une préparation disons... quelque peu secrète !

- Vu le flacon, ça ressemble plutôt au résultat d'une expérience ratée du petit chimiste...

- Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Et pourvu que Vladimir succombe...

- Est-il vraiment raisonnable de vous faire confiance ? Je ne crois aucunement aux pouvoirs de votre mixture.

- Aucune importance, du moment que lui y croit. Mais... je dois y aller. Ravi de cette délicieuse conversation !

- Une dernière question ! ,criai-je tandis qu'il s'éloignait. Pourquoi m'aidez-vous ?

Il tourna lentement la tête. Je vis qu'il souriait, mais cette fois-ci pas d'un sourire narquois. D'un sourire rêveur... Je le sentais déjà ailleurs.

- Pourquoi je vous aide ? Parce que je hais Vladimir au moins autant que vous !

Et il disparut au coin de la rue.

 

De retour dans mon appartement, je tentai de remettre de l'ordre dans mes idées. Je n'y parvins pas. Il fallait me rendre à l'évidence : dans cette histoire, mes neurones ne m'étaient d'aucune utilité. Je décidai de ne plus chercher à comprendre.

 

Le lendemain, j'arrivai chez M.A.G.E.S. de bonne heure et passai aux toilettes m'asperger de ce mystérieux parfum. Parfum n'était d'ailleurs pas le bon mot : ce liquide ne sentait absolument rien. Je me demandais si mon collègue ne s'était pas moqué de moi. Les événements qui suivirent prouvèrent qu'il avait été on ne peut plus sérieux.

 

Le changement fut radical : à peine Vladimir m'aperçut-il qu'il vint me saluer ! Et non pas d'un bonjour évasif et lointain, mais d'un baise-main ! Je n'imaginais même pas que l'on pût encore pratiquer le baise-main en 2001. Je n'étais toutefois pas au bout de mes surprises... J'eus l'étonnement de constater que les rôles avaient changé : les stratagèmes venaient maintenant de lui. Ma journée fut donc ponctuée de coups de téléphone anonymes, de rencontres inattendues à la machine à café et de chocs frontaux aux croisements des couloirs... J'avais l'impression que Vladimir était devenu un double de moi, un double voulant séduire comme je séduisais, surprendre comme j'aimais surprendre. Rêvais-je, où ses yeux avaient-ils vraiment viré au vert émeraude ? Verts comme les miens... Un dieu taquin devait avoir interverti ses deux marionnettes. "Tu es moi, je suis toi, comment se fait-il que nous nous ressemblions autant depuis ce matin ?" : mes pensées m'échappaient complètement, virevoltaient aux confins de ma boîte crânienne et s'emmêlaient en d'inextricables enchevêtrements. Je me sentais dédoublée. Je pouvais prévoir tous les mouvements de Vladimir, anticiper toutes ses tentatives... J'avais atteint le niveau divin : l'omniscience. Moi qui ai toujours adoré tout maîtriser, tout diriger, tout contrôler, j'étais aux anges, au sens propre. Mon pouvoir ne connaissait plus aucune limite ; Vladimir s'était mué en jouet. Telle un chat avec une pelote de laine, je m'amusais à le faire aller où bon me semblait et déroulais l'épais fil coloré de sa destinée. Bientôt ce serait l'attaque. Je m'apprêtais à sortir mes griffes.

 

Dans mon théâtre de la séduction, l'acte final débuta à 16h30. Lassée de ne pas répondre à ces appels faussement anonymes, je pris le parti de susurrer quelques mots tendres. Je vous jure que j'entendis Vladimir sauter de joie à l'appareil. Décidée à en finir, je fixai un rendez-vous pour le soir même, en des termes sibyllins que désormais je connaissais bien : "19h, devant l'entrée". Vous auriez raison d'y voir un symbole ; le symbole de ma revanche. Le premier rendez-vous avait été celui de l'humiliation ; le second reflèterait mon triomphe. Je raccrochai, un goût étrangement amer dans la bouche.

 

19h : il m'attendait. Je m'étais entre temps de nouveau aspergée de mon philtre d'amour, de peur que ses effets fussent limités dans le temps. Mais là, avec la dose que je venais de vaporiser, j'étais assurée que le charme ne se romprait pas avant demain matin. Cela tombait bien : j'avais dans l'idée de passer la nuit avec mon fauve apprivoisé. Je m'approchai lentement de lui, observant attentivement son visage. A le voir, n'importe qui l'aurait compris : il ne jouait pas la comédie. Moi si, puisque mon vin herbé personnel fonctionnait à sens unique. Si Iseut n'avait pas bu la liqueur d'amour, alors nul doute qu'elle ne se serait pas tuée pour Tristan. Elle aurait fait comme moi : elle l'aurait utilisé, puis jeté, comme un mouchoir en papier. Ce soir je n'allais pas faire l'amour : je m'apprêtais plutôt à consommer Vladimir. Et ensuite, je le détruirais.

 

Il m'emmena donc chez lui, dans un luxueux appartement vaste et décoré avec goût. Nous parlâmes très peu. L'acte en lui-même fut rapidement accompli. J'éprouvai le même plaisir qu'en mangeant des lasagnes. Cela me déçut : l'amour-consommation me laissait sur ma faim. Et vu l'état d'épuisement de Vladimir, je n'étais pas prête d'avoir le dessert. Le laissant somnoler sur son lit, je me lançai dans la visite de lieux. Rien ne m'apparut bien étrange jusqu'à ce que j'atteigne la porte de la salle de bain. Je retins un cri de surprise : celle-ci était vide. Bien évidemment vide de personnes, mais surtout vide d'objets : pas un flacon, pas un spray, pas une bouteille, pas une boîte, pas une trousse... le degré zéro de la cosmétique. A voir cette salle de bain, on aurait cru que personne n'y était jamais entré. Ce qui n'était pas le cas, à en juger par son degré de propreté. Ce lavabo scintillant, cette baignoire d'un blanc éclatant, ce carrelage brillant m'apparaissaient absurde, comme si un Sisyphe du ménage passait chaque jour nettoyer cette pièce où personne ne viendrait jamais. La tête m'en tournait. Craignant de m'évanouir, j'appelai Vladimir. Silence. Aucune réponse. Je criai son nom plus fort. Toujours rien. 20 décibels ne plus n'apportèrent qu'une identique absence de réaction. Je me dis à hurler, à hurler comme jamais je ne l'avais fait de ma vie. Ma voix monta soudainement d'un octave ; mes hurlements se firent hystériques et stridents. Je pleurais de rage tout en continuant à voiser le nom de mon tortionnaire avec fureur. Se moquait-il de moi ? Je retournai vers la chambre en hoquetant, et faillit tomber deux fois dans ma course frénétique.

 

Comment vous expliquer la suite sans passer pour une folle ? Je poussai la porte de la chambre, et m'arrêtai brusquement dans mon élan. Le lit - ce lit où nous venions tout juste de nous livrer aux jeux de l'amour-, le lit était fait. Le lit était fait, et la chambre était vide. Vide et impeccable, comme la salle de bains. Je fus prise d'un vertige, et m'écroulai par terre. Quand je revins à moi, j'étais toujours seule dans l'appartement. Le mobilier n'avait pas bougé, mais - est-ce le choc ? - j'avais l'impression désagréable que personne n'avait jamais habité ici. Retournant dans la salle de bain, je trouvai toutefois quelque chose de changé. Au fond de la baignoire luisaient deux taches : l'une de sang, l'autre d'encre turquoise, semblait-il. Chose étrange, une plume de corbeau d'un noir parfait baignait dans le sang. Je sortis de l'appartement dans un brouillard d'impressions et de sensations. Le lendemain, Vladimir ne vint pas travailler. Je ne l'ai jamais revu depuis cette nuit diabolique. J'en viens même à douter qu'il ait réellement existé. Je me demande parfois si je ne suis pas folle. On devrait toujours se méfier des contes de fée...

 

 

 

 

       

 

 

 

 

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