Voyagez un instant

au pays de *Montalte

 

 

Autres noms :

Le Lionceau, Notre*Talte, Montaltinounichet

 

Date du premier message sur Péplum :

Le mercredi 27 octobre 1999 (c'était le message n°84)

Il s'intitulait : [peplum] Re: petite question...

 

Date de départ de Péplum :

Il n'en est pas question !

 

Particularité :

*Montalte ? Euh... Euh, *Montalte ? ... Euh... Comment dire...

*Montalte, c'est *Montalte ! Il faut le lire pour le croire !

Péplum, c'est *Montalte, quelque part...

Oui, c'est tout ça, *Montalte ! C'est Notre*Talte après tout !

 

Adresse de courriel :

montalte@aol.com

 

Questionnaire sur la lecture proposé par *Tenore :

 

1° Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Au risque de paraître vaniteux (mais vous me connaissez....), je pourrais dire, comme Amélie, que je ne me rappelle pas avoir appris à lire. Ce n'est certainement pas venu comme ça, mais disons avec Montaigne que, "sans fouets ni larmes", je me suis retrouvé un beau jour à déchiffrer sans problèmes les phrases qu'on me présentait et que je savais lire avant d'entrer en CP. Il me revient aussi que tout ce qui était imprimé me fascinait, et que le livre, comme objet, a tout de suite été ma convoitise.

 

2° Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?

J'ai eu la chance d'être, enfant, privé de toute la littérature enfantine type "Club des cinq" et d'être plongé, dès six ou sept ans, dans Jules Verne version intégrale édition  Hachette (vous savez, les beaux volumes en rouge, avec les illustrations de Hetzel...). Rendons-lui pour une fois hommage, c'est mon père qui m'a initié à Jules Verne, en me lisant à cette époque, chaque soir pendant que je dînais, "Voyage au centre de la terre" - qui reste évidemment mon Verne préféré. Après, j'ai découvert par moi-même "Vingt mille lieues sous les mers" (quel titre !), "L'île mystérieuse", "Michel Strogoff" (la scène de l'aveuglement !) et les autres... Un an ou deux ans plus tard, je découvrais Dumas, les mousquetaires bien sûr, mais surtout Monte-Cristo qui est encore aujourd'hui sans doute le plus grand roman français que j'ai lu dans ma vie, et dont je me dis parfois s'il n'est pas supérieur à la fois aux Misérables et à la Comédie Humaine. Hugo et Balzac suivirent en tous cas et nourrirent définitivement mon imaginaire romanesque. Je suis bien un enfant du XIXème siècle, comme je serais plus tard un adolescent du XVIIIème (Sade for ever, Rousseau forcément et  Diderot : La Religieuse, première lecture licencieuse faite à 15 ans...), et aujourd'hui un homme du XVIIème (Molière par dessus-tout, Pascal, La Rochefoucault...)

Sinon, comme Amélie, et comme tant d'entre nous, Tintin, Tintin, Tintin....

 

3° Aimez-vous la lecture à haute voix ? Comment ? Pourquoi ?

J'aime ma lecture à haute voix, pas celle des autres... A moins que je ne connaisse l'oeuvre. Alors là oui : Dussolier lisant Proust et Kafka, la Sercoeur lisant Jouve ou Barrie... je les écouterais des heures... (Oui, pas de blague Manon hein...)

 

4° Votre conte préféré ?

Ceux de Madame d'Aulnoy, de Villiers de l'Isle Adam, et Le Décaméron de Boccace. Il n'en faut qu'un ? Alors, le plus cruel parmi les cruels, "Les fées" de Perrault, celui où la méchante finit par ne plus cracher que des serpents et des crapauds et dont on nous dit qu'elle finira toute seule, abandonnée de tous...

 

5° La meilleure adaptation cinématographique d'un roman ou d'une pièce de théâtre ?

Sans hésiter une seconde, cette prouesse de Raoul Ruiz qu'est "Le temps retrouvé" - film déconsidéré par tout le monde et que j'aime inconsidérément. L'un de ceux que j'emporte sur l'île déserte. Le "2001" de l'adaptation littéraire.

(Question subsidiaire : quelle adaptation cinématographique dépasse l'oeuvre littéraire originale ? "Mort à Venise" de Visconti qui a accompli la nouvelle un peu chieuse de Thomas Mann...)

 

6° Apprenez-vous par coeur certains poèmes, répliques de théâtre ou passage de romans ?

Monologue de Richard III "Donc, voici l'hiver de notre déplaisir...", aphorismes de Cioran, "voir en chaque bébé un futur Richard III", poèmes de Mallarmé, dont l' Après-midi d'un faune, Valéry et même le "Je vous salue ma France" d'Aragon...

 

7  Avez-vous des livres ou magazines dans vos toilettes ? Lesquels ?

Entrevue, Le Magazine Littéraire...

 

8  Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?

J'évite de me disperser. Je me limite généralement à une oeuvre littéraire (en ce moment "Alleluhia pour une femme-jardin" de René Depestre que je relis) et une oeuvre philosophique (Le Pli de Gilles Deleuze.)

 

9° Le poète que vous ne cesserez jamais de relire/ de vous réciter ?

Mallarmé. Victorieusement fui le suicide beau....

 

10° Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?

Le plus long, la Recherche de Proust étalé sur plusieurs années... Et d'ailleurs que j'ai recommencé il y a trois ans, et que je terminerai dans la décade 2000-2010... Avant de le recommencer pendant la décade 2010-2020 avant de le reprendre en 2030... Proust, un auteur qu'on relit plutôt qu'on lit, qui vous accompagne toute la vie, qui peut "ennuyer" parfois mais dont on ne se lasse jamais...

Le plus court, c'est cette nouvelle d'Augusto Monterroso cité par Mario Vargas Llosa dans "Lettres à un jeune romancier" et qui ne fait qu'une phrase :

"Lorsqu'il se réveilla, le dinosaure était encore là."

 

11° Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?

Livres de piété, Evangiles, Bibles, Manuel du Saint Esprit...

 

12° Préférez-vous les éditions de poche aux éditions originales ? Pourquoi ?

Ca dépend de l'édition : Albin Michel, par exemple, me paraît d'une grande laideur, Gallimard magnifique, mais c'est vrai que je préfère le poche pour avoir mes livres que j'emmène tout le temps avec moi, dans ma poche... Folio évidemment dont j'aime beaucoup l'habillage, et avant "qu'ils" ne la massacrent : la collection Garnier Flammarion... Je ne sais pas si vous avez vu la gueule des nouveaux GF, mais c'est à fuir.. La collection "Bouquins" est très belle, mais la pagination trop transparente gène un peu la lecture, comme la Pléiade avec ses caractères trop fins et dont certains sont à peine lisibles...

Récemment, j'aime beaucoup la plastique des Harry Potter...

 

13° Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?

Les trois, et plus si affinités... Sur les fesses, les seins, les genoux, les cuisses, le ventre.. On peut lire sur la chair comme on peut écrire dessus (Pillow Book)

 

14° Vos lectures sont-elles commentées " crayon en main " ?

Crayon ? Jamais !!! En revanche, stabylo, encre, feutre, et stylo bille si je n'ai rien d'autre... Mes livres sont quelquefois la suite de mes journaux intimes. Je barbouille les marges, remplis tous les blancs, fais du commentaire en direct, et souligne page après page les mots, phrases, voire la page entière, qui me semblent significatifs... avant de les recopier dans des cahiers que je stabylobosserai plus tard en les relisant !

D'ailleurs, c'est bien simple, sans stylo il m'est physiquement impossible de lire un livre. C'est la raison pour laquelle je n'emprunte jamais les livres des autres et qu'il me faut les posséder. Le livre correspond chez moi à une possession intime, quasi substantielle. Dans un mois ou deux, je vais d'ailleurs installer toute mon ancienne bibliothèque de Sainte-Maxime chez moi, avoir enfin autour de moi tous mes volumes de Jules Verne, Dumas, Sade, Gaston Leroux, jusqu'à mon livre de lecture de CP "Daniel et Valérie"..

 

15° Offrez-vous des livres ?

Bien sûr, tous ceux que j'ai lu et que j'aime. Pas question de penser au goût des autres ! Chacun mes goûts et tout le monde mes préférences...

 

16° La plus belle dédicace ? (Qu'elle soit de l'auteur ou de celui/celle qui vous l'offrît)

Entre Manon et Amélie, c'est un peu dur, alors tant pis, je laisse les gonzesses entre elles et choisis celle de Marc-Edouard, croisé un jour au Musée d'Orsay : " Pour Pierre, en souvenir futur [plutôt glaçant comme promesse, parce que ça, ça veut dire qu'il va m'épingler dans son Journal] d'une rencontre chez le peintre Strindberg, cet " Inch'Allah ", tourmenté lui aussi, son visiteur Marc-Edouard Nabe, 25 janvier 2002 (conversion de Saint Paul). "

 

17° Quel est votre rapport sensuel au livre ? (son odeur, sa texture, les sons des pages tournées …)

Tu as tout mis dans la parenthèse cher Ténore... Oui, l'odeur rance et pourtant boisée des vieux tomes poussiéreux, le grain de la page que l'on tourne, le son de la couverture quand on l'ausculte, le bruit intérieur qu'il fait quand on feint de le tordre, les pages de garde que l'on ouvre cérémonieusement, le titre qui apparaît, puis le titre et l'auteur, ensuite et en gros cette fois, titre, auteur et édition... La première phrase enfin... (dont je ne vous dirai pas d'où elle vient...)

"Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d'apprendre au monde qu'après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur."

 

18° Quel(s) est/sont le(s) auteur(s) dont vous avez lu l'oeuvre intégrale ?

Stricto sensu, aucune ! S'il faut compter, en plus des oeuvres achevées et publiées, les oeuvres dites de jeunesse, les brouillons, la correspondance, les préfaces de circonstance (celle de Baudelaire aux Misérables par exemple), je ne crois pas avoir jamais lu une oeuvre intégrale. Ah si ! Peut-être Lautréamont... Et Anne Franck...

En revanche, théâtre complet de Molière, Shakespeare, oui, là je peux "la" ramener...

(L'autre question, c'aurait été " quel livre avez vous le plus lu ?")

 

19° Le livre qui vous a le plus fait rire ?

Mein Kampf... Non je rigole.

Je triche un peu, mais les textes de scène de Pierre Desproges (notamment "le cintre"), aux éclats !, que je lis souvent à des amis. D'ailleurs, je pense qu'on ne peut rire franchement qu'en lisant qu'accompagné et à haute voix... Ainsi, certaines pages de Céline, Féérie pour une autre fois (re-quel titre !) nous a fait gondoler Manon et moi... Et les aphorismes tordants de Cioran bien sûr : "Que faites-vous du matin au soir ? Je me subis."

Sinon, "Les bijoux de la Castafiore" que je tiens aussi pour le chef-d'oeuvre d'Hergé.

Mais le mot le plus drôle de la littérature française reste ce "me voilà" des  d'ailleurs hilarantes Provinciales de Pascal (écrit sous le pseudonyme que vous savez) et qu'il est difficile de rapporter hors contexte. Je vais essayer quand même. Le provincial va voir son bon père "jésuite" pour éprouver un cas de conscience qu'il a, à savoir s'il a le droit de jeûner... entre deux repas. Le "bon père" lui sort toute la casuistique jésuite, tous les cas y passent jusqu'à ce qu'on arrive à celui qui intéresse notre Provincial. Et c'est là, alors qu'on en est pleine discussion moralo-théologique, textes sérieux à l'appui, qu'il sort son "me voilà" guilleret et inattendu.

 

20° Le livre qui vous a le plus ému ?

La Montagne Magique de Thomas Mann. Non pas tant parce que c'est un livre triste, bien au contraire, mais parce que rarement je me suis autant projeté dans un livre. Je ne peux le reprendre, en regarder même la couverture, sans ressentir une petite chamade.

Mais Le Comte de Monte-Cristo n'est pas loin derrière...

 

21° Le livre qui vous a terrifié ?

Le fantôme de l'opéra de Gaston Leroux - ahhh les yeux qui s'allument au bas du lit. Et la nouvelle "Ligéia" d'Edgar Poe. Voilà pour la terreur ludique.

Les démons de Dostoïevski, et la Généalogie de la morale de Nietzsche pour la terreur "métaphysique".

 

22° Le livre qui vous a fait pleuré ?

C'est bien un Poissons qui fait le questionnaire !

Pleurer franchement en lisant... Humm... La fin de La Montagne Magique déjà cité, la fin des Harry Potter, quand il quitte Poudlard, Ron et Hermione et retourne chez lui pour les vacances... Ou ce passage des Misérables quand Valjean offre la poupée à Cosette, et que Cosette la met sur une chaise, la regarde ardemment, et lorsqu'on lui demande de "jouer", répond, les yeux brillants, "oh je joue !"

Dans un tout autre ordre de "larmes", je ne peux pas ne pas citer "Mort à crédit" de Céline qui m'a ébranlé jusqu'à la rage. Je ne crois pas avoir lu de ma vie un autre texte plus physique, plus méchamment intime à ma personne.. sauf peut-être, et bien entendu je garde le sens des proportions, l' Hygiène, le Sabotage et la Cosmétique de la sadique adorée.

(Pourquoi aimez-vous Amélie Nothomb ? Parce qu'elle me met en état de branle.)

 

23° L'avertissement/ l'introduction qui vous a le plus marqué ?

Celle que fait Rousseau, "au nom de l'espèce humaine", aux Confessions.

 

24° Le titre le plus marquant/original/décalé/astucieux ?

Les infortunes de la vertu.

De l'inconvénient d'être né.

Bagatelle pour un massacre.

Ecce Homo.

Le Pli.

Passage de l'Ange.

Hygiène de l'Assassin... et compagnie.

Alleluhia pour une femme jardin.

 

25° Décrivez votre/vos bibliothèques.

Casse-gueule.

 

26° Le(s) livre(s) dont vous vous êtes finalement débarrassé ?

Tous ceux que je n'ai pas lu, qui m'ont résisté, emmerdé, fait chier. C'est que j'ai un rapport exclusif avec les livres. Certains sont des morceaux de ma chair, d'autres des bidules (au sens de Karl Zéro) dont je ne sais que faire sauf les jeter... Mais cela peut donc être aussi un chef-d'oeuvre dans lequel je n'arrive pas à rentrer et qui m'exaspère tellement que je ne veux plus l'avoir en rayon. C'est le cas de Absalon, Absalon de Faulkner avec lequel j'ai une relation schizo... Sans doute le plus beau début de roman qu'il m'ait été donné de lire, que j'avais annoté, recopié, souligné, mais que je n'ai, pour un tas de raisons incompréhensibles, pu continuer. Je l'ai jeté par dépit, honte, et colère. Mais je le rachèterai un jour et je le vaincrai...

 

27° L'endroit le plus insolite où vous lisez ?

Un jour que j'accompagnais mon ami Didier au Casino Ruhl de Nice (c'était l'époque où il flambait... Depuis il s'est marié et c'est sa femme qui le flamberait s'il récidivait), j'avais sur moi Le Contrat Social de Rousseau - fort favorable au jeu comme vous l'imaginez ! Comme je m'ennuyais un peu voir mon Didou perdre en rafale, je me suis mis contre un bandit-manchot et ai ouvert mon livre.

 

28° Il ne vous reste que trois jours à vivre, que souhaitez vous lire ou relire ?

L'Evangile évidemment... Et d'ailleurs, il s'agirait moins de lecture que de prière...

En fait, la vraie question aurait été "qu'auriez-vous à écrire si vous n'aviez que trois jours à vivre ?"

 

29° Votre livre d'art préféré ?

En ce moment, un Matisse aux éditions Taschen.

 

30° La bibliothèque idéale ?

Celle de mon adolescence que je vais retrouver bientôt.

 

*Montalte, Histoire de mes mots,

                                     mes maux,

                                      mémo.

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