Papy présente

          Sa lettre d'amour à AlZanOr* (n°5) :

 

Lettre de Vicomte de ***** au Marquis d’Alzanor.

 

 Alzie, si cher Alzie, trop cher Alzie peut-être. Je ne sais quand viendra le jour où nous nous verrons, encore moins le soir où nous nous aimerons, plus que jamais le matin où nous nous unirons… Vivre loin de vous est dur et vivre loin de vous est triste. Chaque jour passé dans l’ignorance de votre visage ajoute, à la fois, à mon malheur de ne point exister dans vos bras mais heureusement au bonheur de vous imaginer en rêve. Plein à la fois de tourment et de réjouissance, je vous vois, chaque nuit, à travers mes yeux clos.

 

Si je me couche en me disant : " Je ne vous ai point vu ", au réveil reste dans mon esprit ces quelques mots : " Je saurai vous aimer. ". Je m’imagine, moi enlacé, glissant mes mains dans ces cheveux que cous cachez si souvent, y cherchant quelques sensations tactiles et apaisantes. Pensez à mes petits doigts, boudinés et honteux, s’osant à flirter dans vos soyeuses malices bouclées, découvrant les quelques merveilles qu’occultait votre petite laine sombre que vous ne quitter que trop rarement. Rêvant de me perdre dans cet océan soyeux et inconnu, je ne puis imaginer les émois qu’il saurait éveiller dans mon cœur, le désarroi dans lequel vos tempétueuses mèches pourront me plonger. Mais ma peur sera vaine, quand ma raison succombera aux sentiments que vous éveillé en moi.

 

Mon Dieu ! Vous m’imaginer, moi ainsi me mettre dans de tels états ! La Honte me prend à nouveau, voyez ! Mes joues sont rouges ! Mon cœur frappe si vite, si fort ! J’ai honte d’écrire, cela, si honte ! Mais pourtant, quelle douce honte, quelle tendre honte. Jamais je n’aurais cru ce sentiment défendu si plaisant. Quand ces sensations m’emportent, je n’ai que faire de la morale. J’aime encore à préférer votre corps à ma vertu. Cette chaire pécheresse que j’oserai à découvrir, car je ne puis à présent dissimuler l’envie d’offrir à mes yeux le spectacle de vos courbes. Dieu sait qu’elles inaltérables vertus je perdrai ainsi en m’abandonnant aux charmes de l’amour et à l’excès de l’ivresse que vous m’inspirer. Pourtant, je ne puis résister à me croire dans votre chambre, retirant délicatement votre vêtement orangé, celui où j’aime tant à vous voir, celui qui sait si finement mettre en valeur votre divin visage voluptueux, celui sous lequel je saurai me glisser alors que vous vous abandonnerez aux plaisirs que mes soins affectueux sauront vous procurer.

 

Ah tant de délicieuses jouissances et de célestes voluptés de plaisir effraye quelque peu la prude et prudente personne que je suis habituellement, mais je ne puis lutter contre la nature des sentiments que j’éprouve à votre encontre. Jamais désir ne fut si fort à mon cœur, à un point tel que le brasier que vous avez éveillé en moi ne peut être autre chose qu’attisé. La pureté de l’émoi que je consens à votre personne ne saurait, lui non plus, être altéré par les distractions les plus vives. Je ne puis que succomber à la tentation, même mille fois banni.

 

Ah, voyez, Monsieur, voilà que mon imagination me reprends. Je me vois à présent dans vos bras, contre votre douce peau, respirant votre tendre parfum, partageant tous deux la même sucreries, ces petites douceurs que vous aimer tant. Je me plais à m’imaginer ressentir le dans ma bouche le même goût que celui qui était dans la vôtre auparavant. Quel délicieuse sensation que de sentir dans ma bouche ce sucre d’orge qui a tant de fois coulé dans votre gorge. Ces douces fraises coquine ! Ces curieux citrons qui distillent leur tendre parfum ! Pourrai-je résister aux vagues de la volupté lorsque ma langue finira par ne toucher que le petit baton et que ma bouche sera emplie de ces goûts exquis et émouvants !

 

Sachez Monsieur que je frémis à l’idée de tenir dans mes mains votre réponse qui saura apporter un dénouement aux tourments qui emporte depuis tant d’années mon cœur loin de chemin que me dicte mon instruction et ma raison. Pensez Monsieur, que si vous élevez en moi de telles émois amoureux, vous saurez également y créer des peines plus grandes encore. Voyez comme mon cœur palpite pour vous, il saurait, soyez en sûr, s’arrêter à jamais pour vous également ! Car, un regard détourné de votre part, un refus de mes tendes caresses, serait pour moi la pire des persécutions, le plus sévère des châtiments, la plus funeste des fins. Si d’infortune, vos sentiments pour moi ne sauraient répondre à l’abandon et au sacrifice auquel je me dois d’obéir pour vous, sachez qu’il n’y aurait pour moi d’autre horizon que le désespoir éternel, la douleur suprême et les tourments infinis.

 

 

 

 

 

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