Violaine présente
la nouvelle n°22 :
Cosmétique de l'ennemi
ou
Mauvaise conscience
il
n'y a plus rien à faire je ne saurais enfin que contempler cet achèvement
vie n'est mienne car vivante ne suis, conscience est mienne car conscience suis
rien ne peut plus remplir mon existence
conscience suis et ne saurait à cette perte définitive survivre
conscience suis et pour ces secondes dernières mon existence contemple
conscience suis et enfin de l'être serai délivrée
mais je ne suis qu'étincelle de joie, lors disparaîtrai et mon oeuvre triomphe
comme ces temps furent doux où je donnais visage
aux pensées les plus dérangeantes, où je peignais le monde et ses réminiscences
des noirceurs les plus pénibles
ce temps était mien et ce temps n'est bientôt plus
de ce temps restera toujours ma joie, ma plénitude je portais en moi cette fin
elle seule est ma victoire je n'ai jamais fait que la préparer la réussir
je suis celle qui tue à petit feu je sais et c'est ma raison d'être
toujours derrière chaque geste chaque acte j'agis insidieuse
toujours je suis là et à la faveur des nuits entre en coulisses
car là est mon plaisir dans cette ronde folle des réminiscences je mène la
danse
dans cette farandole chaque danseur grime
et les réjouissances ne sont plus fête mais sabbat
danse macabre enfin je mène
je virevolte et dans ces douleurs des réveils
s'enivrent mes sens
dans les cris des enfants je hurle ma joie
de chaque acte manqué mon pied aura croqué les jambes
toujours j'apprête les faits et gestes, toujours je grime
de ces pensées j'agresse les traits, artifice de ces souvenirs j'écris une
tragédie
mes
oeuvres sont toutes faussées mes oeuvres sont autant de pantins
grimaçants ils dansent spectacle dérangeant mise en scène grinçante
celle
qui achève les espoirs, celle qui d'une vie fais une triste sarabande
celle là suis qui distille la mort, l'amer renoncement du temps je joue comme
de tout
entre
mes mains il s'orne de son masque terne et criard
elles font de lui cet arlequin délavé et assassin
elles le subliment dans ce rôle funeste ma fidèle marionnette
de
mon souffle l'anime et elle déprimera toute vérité
en ce petit monde et je ris
des amours et amitiés je grime l'idéal visage
factice dès lors elles seront
factice et fausses actrices d'une scène désaccordée
dansant cette pavane ridicule
leurs évolutions sont sublime poison, leurs tourbillons autant d'effluves
elle titubent elles jouent à l'outrance elles tombent et roulent indécentes
et au milieu d'elles je jouis de leur gesticulement je ris
du monde je joue la création mes costumes mes maquillages
mes feux mes pas mes sons je mène la vraie danse
vérité n'est que répétition et j'exulte quand
de cette chorégraphie maléfique je suis la maître
il est si fade avant que je le farde, tel il réapparaîtra encor et sans cesse
mes pantins hideux jouent mes masques grotesques
chantent un choeur discordant
pour une pièce vénéneuse pour que la vie soit cette farce délétère
grimée, elle est détestable pour que la mort s'invite et danse
et de la mort le pas j'accompagne et je ris et je ris
et je ris et je ris